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Définition
C'est un dispositif régulier d'acquisition des caractéristiques de la fraction de population et du milieu. L'objectif est de se donner les moyens d'une gestion et d'un développement durable de l'espèce.
Cet outil fournit des indicateurs permettant de fixer des niveaux d'alerte et d'évaluer les impacts des mesures de gestion. Pour ce fait, le Tableau de Bord utilise toutes les données disponibles sur l'anguille et son habitat auprès des administrations, scientifiques et usagers sur l'ensemble des réseaux hydrographiques concernés.
Le Tableau de Bord constitue l'interlocuteur du Bassin Loire dans le Programme INDICANG.
Contexte
L'anguille européenne ( Anguilla anguilla, L.) est longtemps apparue comme une espèce commune, représentative de l'ichtyofaune des milieux littoraux (lagunes, estuaires et marais maritimes) et des eaux continentales (bassins versants, étangs) et côtière. Elle représente un intérêt socio-économique important. En effet, toutes les phases continentales de cette espèce sont exploitées à travers l'Europe. Dans le bassin versant de la Loire, cette ressource halieutique est appréciée ou même recherchée spécifiquement par les 361 000 pêcheurs aux lignes, les 2 900 amateurs aux engins de la Loire fluviale et les 240 pêcheurs professionnels de la Loire estuarienne.
Selon les études d'IFREMER (Programme PECOSUDE), les pêcheries côtières de civelles représentent en terme économique 97% de la production des marins pêcheurs et 62% des pêcheurs fluviaux. Toutes ces personnes à leur tour, jouent un rôle socio-économique considérable au niveau régional par leur présence dans les zones rurales, les activités qu'ils génèrent (restauration, matériel de pêche, mareyeurs, recherche scientifique, aménageurs, gestionnaires, etc.) et en leur qualité d'observateurs privilégiés et incontournables de l'environnement.
Depuis le début des années 1980, les stocks d'anguilles européennes ont décliné à travers toute son aire de répartition. Même dans la Loire, l'un des bastions de l'espèce, de moins en moins d'individus sont observés dans les zones amont. En parallèle, les pêcheurs aux civelles en partie estuarienne en débarquent dix fois moins qu'à la fin des années 80.
Aussi, l'Union Européenne, sous les recommandations du Conseil International pour L'Exploration de la Mer (CIEM) et de la Food and Agriculture Organisation (FAO), a tiré la sonnette d'alarme en recommandant aux états membres de prendre toutes les mesures en faveur de la restauration de l'espèce. Pour la première fois en 1998, l'Advisory Committee on Fishery Management (ACFM), bras politique du CIEM, considère que cette espèce est « en dehors de ces limites biologiques » et recommande en particulier « que toutes les pêcheries soient réduites à leur plus bas niveau possible » c'est-à-dire vers une fermeture de la pêche… « jusqu'à ce qu'un plan de gestion de l'espèce soit mis en place à l'échelle de chaque unité de gestion ».
En 2002, l'Advisory Committee on Fishery Management (ACFM) recommande qu' « un plan de restauration du stock d'anguille soit élaboré et mis en oeuvre dans la plus grande urgence et que la pêche et toutes les autres mortalités anthropiques soient réduites au plus bas niveau possible jusqu'à ce qu'un tel plan soit accepté et mis en œuvre ». De même, « le suivi du recrutement, stock, pêcheries et échappement devront être au moins maintenus à l'état actuel pendant qu'un plan de restauration, incluant un programme cohérent de suivi et de recherche, soit accepté et mis en œuvre ». Enfin, la commission demande également que « les pays membres fassent un rapport annuel des fluctuations de leurs populations (d'anguilles) locales et des pêcheries d'anguilles au Working Group ». Pour, encourager les pays membres à mettre en place cet outil de gestion, l'ACFM statue pour chaque pays qu'en l'absence de chiffres la pêcherie est considérée comme ayant un impact maximum.
En France, les initiatives de gestion ne peuvent se prendre qu'au niveau local pour des raisons de commodités socio-politiques. L'échelle pertinente d'intervention est le bassin versant, car il y est envisageable d'y définir des objectifs de restauration et de gestion de sous populations. En avril 2001, le groupe anguille du COmité de GEstion des POissons MIgrateurs (COGEPOMI) Loire a décidé de mettre en place «le Tableau de bord Anguille du Bassin Loire» dont l'objectif in fine est de se donner les moyens d'une gestion et d'un développement durable de l'espèce.
En 2003, le COGEPOMI Loire conforte cet outil par une notification au sein du Plan de gestion des Poissons Migrateurs (Arrêté N° 229/DIREN/2003) mentionnant qu' « une des actions prioritaires à mener dans le cadre du plan de gestion 2003-2007 est la mise en place d'un dispositif de suivi de la pêche et des fractions de population d'anguilles du bassin (Loire / côtiers vendéens / Sèvre niortaise) ».
Le plan de gestion
Il mentionne : "La mise en place de ce tableau de bord passe avant tout par l'animation, la coordination et la valorisation des outils de suivis existants" (CRTS, SNPE, RHP, recueils administratifs…). Ce dispositif doit satisfaire aux exigences suivantes :
- être adapté aux besoins des services et des opérateurs chargés de relayer et de faire appliquer les mesures de gestion au niveau départemental ou de bassins versants,
- être intégrable dans les dispositifs de suivis nationaux, en rapport avec l'aire de répartition européenne de l'espèce,
- être pérenne et ajusté sur la durée du cycle biologique de l'espèce ('pas de temps' décennal),
- être fonctionnel sur la base de moyens financiers pouvant être mobilisés et garantis durablement ».
En outre, de part la grande diversité d'habitats colonisés par l'anguille d'aval en amont, cette espèce se révèle être un excellent bio-indicateur du milieu aquatique et s'intègre donc parfaitement dans le Plan Loire.
En conclusion, le maintien du tableau de bord anguille du bassin Loire comme outil de gestion de l'espèce est vital pour l'avenir de l'exploitation de la ressource anguille sous toutes ses formes.
